Presidente Al-Assad à François Hollande : «Nous ne coopérons pas avec un pays qui soutient le terrorisme»
Houari Achouri, Algérie Patriotique,21. avril 2015
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Après les quatre élus qui ont pris l’initiative de rencontrer Bachar Al-Assad malgré l’opposition du couple Hollande-Fabius, c’est au tour de la chaîne de télévision publique France 2 d’envoyer son présentateur vedette David Pujadas à Damas pour interviewer le président syrien. Il est clair que les dirigeants français ont décidé d’engager une sorte de politique des petits pas pour se rapprocher de Bachar Al-Assad.
Cette démarche implique y compris les services de renseignement français qui ont pris contact avec leurs homologues syriens, selon ce qu’a révélé le président syrien dans l’interview exclusive diffusée à l’antenne et sur le site de France 2. Mais il n’y a pas de coopération, «nous n’avons besoin de rien de la part des services français», ce sont eux qui ont besoin de la Syrie, laisse-t-il entendre. En même temps, il n’a pas du tout ménagé ce qu’il a appelé le «régime français». Sur Hollande, il souligne que «les sondages en France montrent bien le message que Hollande devrait écouter davantage. A savoir qu'il est le président le plus impopulaire depuis les années 50. Il devrait s'occuper de ses citoyens et les protéger des terroristes qui viennent en France».
A l’endroit du Premier ministre Manuel Valls, les propos du président syrien sont carrément moqueurs : «Personne ne l’écoute» et, plus largement, «personne ne prend au sérieux les déclarations des responsables français qui se sont mis à la traîne des Etats-Unis». En fait, la France n’est pas indépendante, rappelle-t-il. Bachar Al-Assad se permet de poser ses conditions pour entamer un dialogue syro-français : «D’abord, arrêtez de soutenir les terroristes et prouvez-le !» lance-t-il aux dirigeants français. «Il n'y a pas de dialogue possible avec des pays qui soutiennent le terrorisme dans notre pays», explique-t-il. Après avoir été présenté comme «infréquentable» par les dirigeants de certains pays occidentaux, le président syrien serait-il maintenant devenu incontournable ?
Tout le laisse penser, n’en déplaise à Fabius qui est le seul à dire – mais le croit-il vraiment ? - que le président syrien «n’a pas d’avenir». Les Français sont certainement nombreux à penser que si la France et d’autres pays occidentaux n’étaient pas intervenus, militairement et directement, en Libye et à travers le soutien aux groupes terroristes en Syrie, la situation n’aurait pas été aussi catastrophique dans plusieurs pays arabes avec l’émergence de Daech et, autre conséquence dramatique, des milliers de migrants qui risquent leurs vies et pour beaucoup d’entre eux meurent en traversant la Méditerranée pour regagner l’Europe qui est pourtant la source de tous leurs maux. Les naufrages des bateaux des migrants clandestins deviennent des faits divers.
Les derniers drames en Méditerranée, avec un nombre de victimes qui dépasse largement le millier, ont créé une forte émotion dans l’opinion publique en Europe, et ont mis en lumière la responsabilité de la France et de ses alliés dans la déstabilisation de la Libye d’où partent les migrants par centaines. Autre conséquence désastreuse de l’aveuglement des dirigeants français et d’autres pays occidentaux, soulignée d’ailleurs par Bachar Al-Assad dans son interview, la montée de Daech qui vient de manifester encore une fois sa nature criminelle en assassinant 28 Ethiopiens parce qu’ils étaient chrétiens. François Hollande s’est senti obligé d’appeler à un accord de réconciliation nationale en Libye. Il devrait cesser de soutenir les groupes de terroristes en Syrie et changer de politique à l’égard du président syrien pour s'orienter vers la normalisation des relations entre les deux pays.
Mais cela ne sera possible que si la France avoue sa culpabilité dans le désordre qui règne dans le monde arabe.


